De nombreux pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle transitent par Peyrehorade, notre ville étant située sur le chemin dit « la voie de Tours », à environ 750 km de leur destination.
Durant tout le Moyen âge, Saint-Jacques de Compostelle a été la plus importante de toutes les destinations de pèlerinage à travers l'Europe.
Jacques, fils de Zébédée, dit Jacques « Le Majeur » car il était l'un des douze premiers apôtres, fût appelé par Jésus alors qu'il était en train de pêcher dans les eaux de Tiberiade en compagnie de Jean l'Evangéliste, son frère. Il entreprend l'évangélisation de l'Espagne. Il subira le martyre avant d'être exécuté en l'an 44 à Jérusalem par ordre du roi Hérode.
La légende raconte que ses disciples ont placé sont corps dans une barque qui serait venue s'échouer, après une traversée de la méditerranée, le franchissement du détroit de Gilbraltar, et une remontée des côtes portugaises et espagnoles, en Galice à Iria Flavia, lieu appelé de nos jours « Port de Padron ».
Après que l'Espagne fût dominée par les Wisigoths, les Romains, puis les Maures, c'est au IX ème siècle qu'un ermite nommé Pelagius, observe durant plusieurs nuits, une pluie d'étoiles au dessus d'un champ. Il y découvre un monument funéraire, et en avise l'évêque Théodomir. C'est en ce lieu nommé « Campus Stellae « (le champ des étoiles) que sera mis à jour le tombeau de l'apôtre Jacques le Majeur.
Les souverains de Galice et des Asturies, Alphonse II et Ramiro Ier, s'appuieront sur cette légende pour fortifier la « Reconquista », mouvement visant à renforcer la présence de la chrétienté dans un contexte marqué par la domination des Maures. Progressivement ce culte s'étend à toute l'Europe, et dès la fin du XI ème siècle l'une des plus importantes cathédrales romanes d'Europe est édifiée en ce lieu. Au travers des âges le passage de ces milliers de pèlerins laissera son empreintes sur les différents « chemins historiques » qui se créent : des hôpitaux, des ateliers, des hébergements, et bien sûr des monuments religieux sont édifiés.
L'Abbaye d'Arthous et Sorde l'Abbaye témoignent des nombreux siècles d'histoire de ce pèlerinnage, le plus important d'Europe Occidentale !
Ne vous trompez pas ! Les pèlerins qui se rendent à Saint Jacques de Compostelle ne sont pas des aventuriers, des touristes, des sportifs ou des gens avides de culture touristique. Ils effectuent leur périple dans des conditions qui sont de nature à décourager tout randonneur, touriste ou sportif. Le première recherche est celle du recueillement, leur démarche leur permet avant tout de prendre le temps de la réflexion, et le temps d'apprécier et connaître ceux qu'ils rencontrent sur leur chemin.
Comme pour tout pèlerinage religieux, et ce depuis le Moyen-Age, un passeport est délivré au pèlerin : c'est sa carte d'accréditation, ou plus précisément son crédencial. De nombreuses associations jacquaires délivrent ce document. Ce véritable laisser-passer permet aux pèlerins de se faire reconnaître auprès de diverses structures d'accueil qui leur sont réservées : gîtes, refuges, tables d'hôtes… Le Credencial constitue également un engagement de bonne conduite de la part du pèlerin. Un cachet est aposé par les établissements d'accueil et presbytères situés sur le chemin parcourus.